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’est en 1853 que Carl Enoch, vendeur ambulant de musique représentant
les Éditions Littolf de Francfort en Allemagne, crée les Éditions
musicales Enoch à Paris. Il s’installe 27 boulevard des Italiens
dans le 2e arrondissement. Très tôt, afin d’initier ses
enfants, Carl implique sa famille dans le fonctionnement de l’entreprise.
Wilhem fera prendre à la maison d’édition son véritable
envol. Il définira dès le départ une ligne d’édition
tout à fait singulière au point même de sembler contradictoire.
Il équilibrera en effet son catalogue entre des œuvres sérieuses
de musique symphonique ou religieuse comme Les Eolides de César Franck,
España d’Emmanuel Chabrier ou les Rhapsodies roumaines d’Enesco
aussi bien que des œuvres plus légères et populaires comme
des chansons de Paul Delmet ou des opérettes d’André Messager.
La réputation des Éditions Enoch s’est aussi construite
sur les méthodes de pédagogie et les collections de recueils
théoriques et pratiques comme par exemple l’excellent Traité
de la fugue d’André Gedalge qui fait encore office de référence
et ce, depuis sa publication en 1904.
rès tôt, les Éditions Enoch ont développé
des liens privilégiés avec les compositeurs que la maison éditait.
Beaucoup sont restés fidèles aux Éditions à l’image
de Cécile Chaminade dont environ 170 opus seront édités.
Wilhem, ouvert aux jeunes talents, publia la toute première œuvre
de Maurice Ravel, en 1895, le Menuet antique ; son fils Daniel éditera
le dernier travail du compositeur à savoir une orchestration du Menuet
Pompeux de Chabrier en 1936.
Daniel Enoch reprit la maison d’édition dans les années
1910 avec son frère cadet, Georges Enoch.
n 1944, afin de prolonger la longue tradition familiale, Jacques Enoch,
revenu de Savoie où il s’était réfugié pendant
la guerre, retrouva la société en mauvais état mais réussit
à la remettre sur pied en valorisant les publications passées
et en se tournant vers les nouveaux talents tels Joseph Kosma et Darius Milhaud.

De nos jours, les Éditions Enoch continuent de protéger leur
large catalogue composé de plus de 1700 titres disponibles et rééditent
un répertoire varié d’œuvres oubliées telles
La Czarine de Louis Ganne, le trio Aubade de Georges Enesco ainsi que Portrait,
l’Anneau d’argent, le Prélude pour orgue, les Noces d’argent
pour piano à 8 mains ou la Sonate en ut mineur op.21 de Cécile
Chaminade les Chansons de Pauline Viardot, ou encore l’ouvrage d’Antoine
Mariotte, Salomé, repris avec succès ces dernières années
au Festival de Radio France et de Montpellier ainsi qu’à l’Opéra
de Montpellier.